
33e semaine du Temps Ordinaire
Lectures : 1 M 2, 15-29 ; Ps 49 ; Lc 19, 41-44
Message central : La fidélité à Dieu exige parfois des ruptures courageuses, et le refus de voir les signes de Dieu conduit à la perte.
Frères et sœurs,
La Parole de Dieu aujourd’hui nous met face à deux drames : celui d’un peuple tenté par l’apostasie, et celui d’une ville qui ne reconnaît pas le moment de sa visitation. Deux textes, deux avertissements, mais aussi deux appels à la lucidité spirituelle.
Dans le livre des Martyrs d’Israël, Mattathias est confronté à une pression terrible : les envoyés du roi Antiochus lui proposent de renier la Loi de Dieu en échange de privilèges. Il pourrait céder, se justifier, se dire que ce n’est qu’un geste. Mais il refuse. Il se lève, tue l’homme qui sacrifie aux idoles, et fuit dans les montagnes avec ses fils. Ce geste radical marque le début d’une résistance spirituelle. Mattathias nous enseigne que la fidélité à Dieu ne se négocie pas. Elle demande parfois des ruptures, des choix tranchés, des refus courageux.
Dans l’Évangile, Jésus pleure sur Jérusalem. Il voit la ville qui n’a pas reconnu le temps où Dieu est venu la visiter. Elle s’est enfermée dans ses certitudes, ses habitudes, ses résistances. Et Jésus annonce sa destruction. Ce passage est bouleversant : Dieu ne se réjouit jamais de la perte de ses enfants. Il pleure sur leur aveuglement. Il souffre de leur refus d’aimer.
Ces deux textes nous interpellent : sommes-nous capables de discerner les signes de Dieu dans notre vie ? Savons-nous dire non à ce qui nous éloigne de Lui ? La fidélité n’est pas seulement une question de doctrine, mais de cœur. Elle suppose une vigilance, une capacité à reconnaître les moments où Dieu nous visite, nous parle, nous appelle.
Aujourd’hui, nous sommes invités à deux attitudes : la fermeté de Mattathias et la sensibilité de Jésus. La fermeté pour refuser ce qui nous éloigne de Dieu, et la sensibilité pour pleurer sur ce monde qui s’égare. Être chrétien, c’est tenir ensemble la vérité et la compassion, la fidélité et la miséricorde.
Que cette journée soit pour nous un temps de discernement. Demandons au Seigneur la force de dire non à l’idolâtrie moderne – celle du confort, du relativisme, de l’indifférence – et la grâce de reconnaître sa présence dans notre quotidien. Amen.
Mgr G.R.B