Homélie du Jeudi 05 février 2026

4ᵉ semaine du Temps ordinaire (année A)
Mémoire de sainte Agathe, martyre,

Textes : 1 R1, 1-4.10-12; Cant. 1Ch 29 ; Marc 6, 7-13.

Frères et sœurs bien-aimés,

En ce jour, la Parole de Dieu et la mémoire de sainte Agathe se répondent et nous offrent un même appel : celui de la fidélité à Dieu dans la fragilité, et de la mission vécue dans la confiance.

La première lecture nous présente le roi David au soir de sa vie. Il est vieux, affaibli, incapable même de se réchauffer. Celui qui a été un grand roi, un guerrier courageux, apparaît ici dans toute sa vulnérabilité. Cette scène nous rappelle que la puissance humaine est passagère. Même les plus forts connaissent un jour la faiblesse. Mais cette fragilité devient aussi un moment décisif : c’est là que se révèlent les cœurs, que s’expriment les ambitions humaines, mais aussi la fidélité au projet de Dieu.

Le cantique tiré du livre des Chroniques nous aide à relire cette situation avec foi : « À toi, Seigneur, la grandeur, la puissance et la gloire. » Tout vient de Dieu et tout retourne à Dieu. L’homme n’est que dépositaire, jamais propriétaire. Reconnaître cela, c’est entrer dans une attitude de louange et d’abandon confiant.

Dans l’Évangile, Jésus envoie ses disciples deux par deux. Il les envoie sans sécurité matérielle, sans réserve, sans assurance humaine. Pas de pain, pas de sac, pas d’argent. Cette pauvreté voulue n’est pas une imprudence, mais un choix spirituel : elle oblige les disciples à s’appuyer uniquement sur Dieu et sur l’accueil des autres. La mission chrétienne ne repose pas sur la force, mais sur la confiance.

Les disciples sont envoyés pour annoncer la conversion, chasser les esprits mauvais et guérir les malades. Ils ne sont pas maîtres de la mission ; ils en sont les serviteurs. Leur autorité vient du Christ, non d’eux-mêmes. Là encore, la faiblesse devient le lieu où Dieu agit.

C’est précisément ce que nous célébrons aujourd’hui dans la vie de sainte Agathe. Jeune femme, sans pouvoir, sans défense face à la violence de son temps, elle aurait pu céder par peur. Mais sa force a été sa foi. Elle a préféré perdre sa vie plutôt que de renier le Christ. Son martyre n’est pas une recherche de souffrance, mais un témoignage lumineux : rien, pas même la mort, ne peut séparer de l’amour de Dieu.

Sainte Agathe nous rappelle que la fidélité chrétienne ne dépend ni de l’âge, ni de la position sociale, ni des moyens dont nous disposons. Elle dépend d’un cœur libre, enraciné dans le Christ. Comme les disciples envoyés par Jésus, comme David au soir de sa vie, elle a remis son existence entre les mains de Dieu.

Frères et sœurs, ces textes nous interrogent : sur quoi reposent nos sécurités ? Acceptons-nous d’être faibles pour laisser Dieu agir ? Osons-nous témoigner de notre foi, simplement, là où nous sommes envoyés ?

Demandons aujourd’hui, par l’intercession de sainte Agathe, la grâce d’un cœur courageux et confiant, capable de rester fidèle dans l’épreuve et disponible pour la mission. Alors, même dans notre pauvreté, Dieu pourra faire passer sa puissance et sa vie. Amen.

          *Mgr G.R.B*

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *