
Jeudi de la 5ᵉ semaine du T.0 A1 Rois 11, 4-13 ; Psaume 105 ; Marc 7, 24-30.
Frères et sœurs bien-aimés,
La Parole de Dieu de ce jour nous invite à un examen sincère de notre fidélité au Seigneur et à une confiance humble qui ouvre le cœur de Dieu.
Dans la première lecture, nous voyons le roi Salomon à la fin de sa vie. Celui qui avait reçu de Dieu une sagesse exceptionnelle se laisse peu à peu détourner par d’autres influences. Son cœur se partage, et il s’éloigne du Seigneur. Le texte souligne que ce n’est pas un refus brutal de Dieu, mais un glissement progressif : Salomon n’est plus fidèle de tout son cœur. Ce passage nous rappelle que la foi peut s’affaiblir non seulement par des actes graves, mais aussi par de petites infidélités répétées.
Pourtant, Dieu ne retire pas immédiatement sa promesse. Il annonce une conséquence, mais il le fait avec miséricorde, en tenant compte de David, le père de Salomon. Dieu demeure fidèle, même lorsque l’homme faiblit. Cette lecture nous met en garde contre les compromis qui éloignent peu à peu de Dieu et nous invite à revenir à une fidélité entière.
Le psaume 105 fait mémoire de l’infidélité du peuple d’Israël et, en même temps, de la patience de Dieu. Malgré les fautes répétées, Dieu se souvient de son alliance. Ce psaume nous rappelle que l’histoire du salut est avant tout une histoire de miséricorde.
Dans l’Évangile, Jésus rencontre une femme païenne, une Syro-phénicienne, dont la fille est possédée par un esprit impur. Tout semble jouer contre elle : elle est étrangère, femme, et issue d’un peuple non juif. Pourtant, elle ose s’approcher de Jésus avec une foi audacieuse et persévérante. Même face à une parole difficile, elle ne se décourage pas. Elle répond avec humilité et confiance : « Les petits chiens mangent bien les miettes qui tombent de la table. »
Cette femme nous offre un exemple bouleversant de foi. Elle ne revendique aucun droit, elle ne se justifie pas, elle s’abandonne totalement à la miséricorde de Jésus. Et Jésus accueille cette foi : sa fille est guérie. Là où Salomon s’est laissé détourner par d’autres amours, cette femme païenne montre un cœur entièrement tourné vers le Seigneur.
Frères et sœurs, ces textes nous interrogent : notre cœur est-il partagé ? Sommes-nous fidèles à Dieu dans toutes les dimensions de notre vie, ou faisons-nous des compromis par facilité, par peur ou par habitude ? Et surtout, avons-nous cette foi humble et persévérante qui ose s’approcher de Dieu malgré nos limites ?
Le Seigneur attend de nous un cœur vrai, confiant et persévérant. Même quand nous avons chuté, il nous invite à revenir à lui avec foi. Demandons aujourd’hui la grâce d’un cœur unifié, fidèle et humble, capable de s’attacher pleinement au Seigneur et de croire en la puissance de sa miséricorde. Amen.
*Mgr G.R.B*