
Ce dimanche 1 5 mars 2026, l’Église catholique au Gabon célèbre le dimanche de Laetare, marquant une étape charnière au milieu du Carême. Dans une pause joyeuse, les fidèles troquent le violet de la pénitence pour le rose de l’aurore, signalant que la lumière de Pâques approche. Loin de la tristesse, cette 4ème semaine redonne du courage à tous pour achever la marche vers la Résurrection dans l’allégresse.
Au cœur de cette quatrième semaine, l’Église rappelle que le jeûne n’est pas une performance théâtrale, mais un acte d’amour profond qui s’appuie sur l’Évangile. La liturgie invite les chrétiens à rejeter la tristesse et le visage défait des hypocrites qui cherchent l’admiration des hommes. Au contraire, le véritable jeûneur est appelé à parfumer sa tête et à laver son visage pour garder son sacrifice dans l’intimité du « lieu secret »,
comme l’Évangile selon saint Matthieu le suggère (chapitre 6, versets 1 6 à 18). Cette recommandation prend tout son sens ce dimanche de Laetare : la privation se doit d’être invisible aux yeux du monde et visible aux yeux de Dieu. C’est dans cette discrétion joyeuse que la foi s’exprime le mieux, transformant l’effort du Carême en une offrande rayonnante que le Père, qui voit dans le secret, saura récompenser.
Cette transformation que le père contemple dans le secret du cœur éclate au grand jour dans l’Évangile de l’aveugle-né (Jean 9, 1-41), lu en ce dimanche de joie. À l’image de cet homme guéri par le Christ, le fervent chrétien est invité à passer des ténèbres de l’aveuglement à la clarté de la foi. Le geste de Jésus, appliquant la boue avant d’envoyer l’aveugle se laver à la piscine de Siloé, fait écho à notre propre démarche de Carême : un dépouillement qui purifie notre regard. En retrouvant la vue, l’ancien mendiant ne reçoit pas seulement un don physique, il accède à la joie de reconnaître le Fils de l’homme. Ce récit vient confirmer que la privation et la pénitence ne sont pas des fins en soi, mais des passages nécessaires pour que nos yeux s’ouvrent enfin sur la présence de
Dieu. Comme l’aveugle qui proclame fièrement sa guérison face aux doutes, le chrétien, fortifié par ce dimanche rose, peut témoigner avec assurance que la rencontre avec le Christ transforme toute détresse en une lumière triomphante. Cette clarté nouvelle que nous célébrons ne reste pas un simple symbole de tissu rose ; elle s’incarne dans l’Évangile. À l’image de cet homme qui recouvre la vue après s’être lavé, le fidèle est invité à laisser le Christ guérir son regard sur la vie. La boue déposée sur ses yeux nous rappelle que notre condition humaine, parfois alourdie par le péché et la fatigue du jeûne, est le terreau de la grâce. En proclamant « Je crois, Seigneur ! », l’aveugle guéri passe du stade de mendiant dans l’ombre à celui de témoin lumineux. Ce récit nous enseigne que le Carême de la joie est avant tout une ouverture des yeux : nous ne regardons plus nos manques, mais nous fixons Celui qui est la Lumière du monde. Au Gabon, ce dimanche de Laetare nous encourage ainsi à sortir de nos propres aveuglements pour embrasser, dès maintenant, la clarté triomphante de la Résurrection. Gardons à l’esprit que ce quatrième dimanche de Carême est bien plus qu’une simple parenthèse colorée dans l’effort du Carême. C’est un rappel puissant que notre foi, même vécue dans la discrétion du jeûne et du sacrifice, est destinée à devenir lumière. À l’image de l’aveugle-né dont le regard s’est ouvert sur le Sauveur, les chrétiens catholiques du Gabon et du monde sont invités à quitter leurs vieux vêtements de soucis pour revêtir l’espérance. Alors que nous reprenons notre marche vers la Semaine Sainte, gardons gravé en nous cet éclat de rose : il nous dit que la victoire est proche et que chaque effort consenti avec amour nous rapproche du matin de Pâques. Que cette joie intérieure, nourrie dans le secret de la prière, devienne un témoignage visible dans nos familles et nos quartiers, pour que tous puissent voir, à travers nos visages rayonnants, que le Christ est véritablement la Lumière du monde.