
Lors de la 5e édition des conférences de carême à la paroisse Saint-joseph de Libreville, tenue le jeudi de la semaine dernière, le professeur Daniel BEKALE a fait une analyse percutante sur l’urgence de sécuriser nos établissements. Le conférencier nous fait un constat
malheur mais réel : « l’école gabonaise n’est plus ce sanctuaire de fraternité voulu par ses fondateurs chrétiens du 1 9e siècle. » Le Pr Bekale explique que l’institution est devenue le siège des maux de la cité. L’école ne fait que reproduire l’intérieur de ce qui se passe en famille.
Les données du ministère de l’éducation nationale sur la violence quotidienne (psychologique et verbale) représente 79 % dans nos écoles. Contrairement aux idées reçues, les jeunes filles jouent un rôle central.
Au niveau de l’échec de la gestion des masses, le sociologue point du doigt un tournant majeur en 2012. La suppression du concours d’entrée en 6e a provoqué une massification non maîtrisée. Avec des classes de 80 élèves, l’encadrement devient impossible, et la culture de la violence s’entretient. La conclusion du professeur est sans appel : fouiller les cartables ou poster des policiers aux portails ne suffira pas. « La violence est systémique, la réponse doit l’être aussi. »
Il appelle à sortir du débat entre le retour à la chicotte et le laxisme moderne pour engager un dialogue national incluant les familles, l’église et l’État car l’enjeu est de taille.