Lu pour vous/Aimons nous vivants: la solidarité ne doit pas attendre la mort

Par Lezin Gualbert KOUMBA MBADINGALT

Il y a des réalités qui devraient nous interpeler collectivement. Lorsqu’une personne tombe gravement malade, parfois après plusieurs semaines ou plusieurs mois , elle a besoin de soutien , d’attention de médicaments, d’examens, d’accompagnement et surtout de présence humaine.

Pourtant il arrive que les appels au secours du malade restent sans véritable réponse. Les difficultés financières s’accumulent les traitements deviennent difficiles à payer , les examens sont reportes et la famille s’essouffle. Certains proches savent que la personne souffre, mais chacun attend parfois que l’autre agisse.

Puis survient le décès .

Et soutiens, les cotisations apparaissent. Les contributions affluent de toutes parts. Des personnes qui étaient parfois absentes endant la maladie deviennent très présentes au moment des obsèques. Certains prennent même en mains l’organisation, multiplient les gestes de solidarite et veulent montrer qu’ils étaient proches du defunt .

Mais où etions nous lorsque cette personne nous appelait à l’aide ?

Cette question n’est pas une accusation contre tous. Elle est une interpellation collective.

Autre fois, dans nos familles et nos communautés, la maladie était souvent considerée comme l’affaire de tous. Lorsqu’un frère, une soeur, un parent, un voisin ou un ami etait souffrant, chacun cherchait ce qu’il pouvait faire : une contribution, un medicament, une visite, un transport, un repas, une presence ou simplement une parole d’encouragement.

Aujourd’hui, nous devons retrouver cet esprit.

La mort ne doit pas devenir le moment où nous découvrons soudainement notre solidarité. La solidarité doit commencer du vivant de la personne.

Il est également regrettable que certaines situations de deuil puissent parfois devenir des occasions de visibilité sociale ou politique. Les obsèques doivent avant tout rester un moment de respect, de recueillement et de compassion envers la famille éprouvée. La douleur d’une famille ne devrait jamais être transformée en instrument de promotion personnelle.

‘ous devons donc nous poser une question simple : à qui sert une grande mobilisation autour d’un cercueil si nous n’avons pas été capables de nous mobiliser autour d’un lit d’hôpital ?

Il est temps de créer ou de renforcer une véritable chaîne de solidarité autours des personnes malades et vulnérables. Une petite contribution faite à temps peut permettre d’acheter un medicament, de réaliser un examen ou poursuivre un traitement. Une visite peut redonner courage. Une presence peut empêcher quelqu’un de se sentir abandonné.

Aimons-nous donc vivants.
Soutenons-nous vivants.
Aidons nous vivants.

Ne laissons pas les cotisations et la solidarité attendre les obsèques .

La véritable grandeur d’une communauté ne se mesure pas seulement à sa capacité à accompagner ses morts, mais aussi à sa capacité à soutenir ses vivants lorsqu’ils traversent l’épreuve.

Aimons-nous vivants, parce qu’apres la mort, il ne reste malheureusement que les regrets et les larmes.

Pensons-y .

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