
Textes : Philippiens 1, 1-11 ; Psaume 110 ; Luc 14, 1-6.
Par Mgr Guy-Roger Boundengui, Vicaire général du Diocèse de Mouila (Gabon)
Frères et sœurs,
Dans la première lecture, saint Paul exprime sa joie et sa reconnaissance envers Dieu pour la foi des Philippiens. Il prie pour que leur amour grandisse de plus en plus en connaissance et en discernement. Pour lui, la vie chrétienne ne consiste pas seulement à commencer à croire, mais à grandir chaque jour dans l’amour, afin de reconnaître ce qui est vraiment important aux yeux de Dieu.
Cette invitation trouve un écho particulier dans l’Évangile. Un jour de sabbat, Jésus est invité à manger chez un chef des pharisiens. Devant lui se trouve un homme malade, atteint d’hydropisie. Les personnes présentes observent Jésus pour voir s’il va le guérir, car elles veulent l’accuser de ne pas respecter le repos du sabbat.
Jésus leur pose alors une question simple : est-il permis ou non de faire une guérison le jour du sabbat ? Devant leur silence, il guérit l’homme et le renvoie libre. Puis il leur demande lequel d’entre eux n’irait pas retirer son fils ou son bœuf tombé dans un puits, même un jour de sabbat.
Frères et sœurs, Jésus nous révèle ainsi le véritable sens de la Loi de Dieu : elle doit conduire à la vie, à la compassion et à l’amour. Le respect des règles religieuses perd son sens lorsqu’il nous rend indifférents à la souffrance d’autrui.
C’est précisément ce que saint Paul souhaite pour les Philippiens : un amour capable de discerner ce qui est essentiel. Car aimer véritablement, ce n’est pas seulement respecter des principes, c’est savoir reconnaître la personne qui souffre et agir pour son bien.
Nous aussi, nous pouvons parfois être tellement attachés à nos habitudes, à nos jugements ou à nos pratiques religieuses que nous oublions d’être attentifs à ceux qui ont besoin de nous. Pourtant, le Seigneur nous demande de faire de notre foi une source de consolation et de relèvement.
Demandons aujourd’hui la grâce d’un cœur éclairé par l’Évangile, capable de discerner ce qui compte vraiment aux yeux de Dieu. Que notre amour ne reste pas dans les paroles, mais se traduise par des gestes concrets de bonté, de solidarité et de compassion. Amen.
Mgr G.R.B.