CARÊME 2026/Message de la conférence épiscopale du Gabon

Chers fils et filles bien-aimés dans le Christ,

Le temps du Carême nous est de nouveau offert comme une grâce et un appel pour revenir au Seigneur, retrouver l’unité intérieure et redonner à Dieu la première place dans nos vies personnelles, familiales et sociales.

L’Apôtre Paul nous rappelle : « Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6, 2). Ce temps est celui du combat spirituel, non contre des êtres de chair et de sang mais contre tout ce qui obscurcit en nous la lumière de Dieu.

Cette année, dans le mystère de la Providence Divine, notre entrée en Carême coïncide avec l’entrée en Ramadan de nos frères et sœurs musulmans. Nous leur souhaitons un bon temps de Ramadan. Cette proximité dans le temps ne signifie pas une confusion des chemins : le Carême n’est pas le Ramadan, car notre itinéraire demeure résolument orienté vers le Mystère Pascal : la Passion, la Mort et la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ.

Cependant, cette convergence peut devenir pour notre pays un signe d’espérance. Lorsque des croyants, chacun selon sa foi, se tournent vers Dieu avec sincérité, c’est la société elle-même qui peut être renouvelée de l’intérieur. Le témoignage d’une foi authentique contribue à bâtir une culture de paix, de respect et de responsabilité, si nécessaire à notre nation.

Écouter Dieu et nos frères

Le Carême nous reconduit à l’écoute : l’écoute de Dieu dans les Écritures et l’écoute du cri des pauvres, des malades et des jeunes en quête d’avenir. « J’ai vu la misère de mon peuple… j’ai entendu ses cris » (Ex 3, 7). Sans l’écoute, il n’y a ni conversion véritable ni paix durable. Alors retrouvons le silence intérieur qui permet à Dieu de parler au cœur et faisons de nos communautés des lieux de dialogue et de respect.


Jeûner et aimer

Le jeûne nous apprend à discerner l’essentiel. « Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage… et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Mt 6, 17-18).

Comme notre Saint Père, le pape Léon XIV, je nous invite à jeûner aussi de paroles blessantes et de jugements hâtifs : « Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais seulement une parole bonne, capable d’édifier » (Ep 4, 29). Dans le contexte de notre pays, que nos paroles deviennent des instruments de paix et que notre jeûne s’ouvre au partage et à la solidarité.

Toute la Loi s’accomplit dans l’amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 12, 30-31). Que ce Carême soit un temps de réconciliation dans nos familles, de prière dans nos paroisses et de renouveau moral pour notre nation. Là où grandissent la justice, le respect du bien commun et l’attention aux plus vulnérables, le Royaume de Dieu est déjà à l’œuvre.

N’ayons pas peur d’entrer au désert : c’est le lieu où Dieu purifie notre regard et fortifie notre espérance.

Que la Vierge Marie nous accompagne vers la joie pascale.

De tout cœur, je vous bénis et vous souhaite un saint et fécond Carême 2026.

Fait à Makokou, le 17 février 2026.

  • Monseigneur Séverin NZIENGUI MANGANDZA
    Évêque du Vicariat Apostolique de Makokou et
    Président de la Commission Episcopale pour l’Œcuménisme et le Dialogue Interreligieux

Commission Episcopale pour l’Œcuménisme et le Dialogue Interreligieux
(+241) 074 452 820 / 062 296 394

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