
Une idée originale de l’Abbé Serge Patrick MABICKASSA
Théophile : Bonjour, Padre !
Curé : Bonjour, très cher Théophile ! Quelles sont les nouvelles ?
Théophile : Mon Père, je viens au sujet du rituel traditionnel qui a eu lieu lors de la cérémonie d’investiture du Président élu, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, le samedi 03 mai dernier, au stade de l’Amitié Sino-Gabonaise d’ANGONDJE. Je n’ai pas très bien compris cette phase de la cérémonie, alors que l’archevêque métropolitain de Libreville, Son Excellence Mgr Jean Patrick IBA BA avait déjà prié et demandé la bénédiction de Dieu sur le Chef de l’Etat et sur l’ensemble du peuple gabonais, au nom de toutes les confessions religieuses et des traditions locales. Dans la forme, je n’ai pas bien compris cet ensemble de gestes et de symboles. Dans le fond, j’ai eu du mal à distinguer entre incantations, consécration et bénédictions …
Curé : Je vois … Tu veux parler de ce rituel animiste dirigé par le jeune Junior-Xavier NDONG NDONG, mon fils ? Tu l’ignore, peut-être, mais ce jeune homme est un ancien du petit séminaire Saint KISITO d’Oyem. Brillant, dynamique, plein de vie et d’ambitions, Junior Xavier fait la fierté de sa famille biologique. Les jeunes de sa génération sont admiratifs devant sa fulgurante réussite sociale. S’agissant de ce qui s’est passé le samedi 03 mai lors de l’investiture du Chef de l’Etat, j’ai été à la fois étonné et choqué comme la plupart de ceux et celles qui ont pris part à cette cérémonie sur place ou à travers les médias et autres réseaux sociaux. De nombreux points méritent d’être clarifiés.
Théophile : C’est justement pour cette raison que je suis venu à vous, Monsieur l’Abbé.
Curé : Tu as bien fait, mon cher Théophile. Avant tout, il faut dire qu’à partir du Concile Vatican II, l’Eglise Catholique a changé son regard sur les rites, les croyances et les traditions autochtones, à travers la Déclaration sur les Relations entre l’Eglise avec les religions non chrétiennes, Nostra Aetate du 28 octobre 1965 : « L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflète souvent un rayon de la vérité qui illumine les hommes. » Au Gabon, en 1963, Mgr Raponda Walker, premier prêtre gabonais, en collaboration avec un certain Roger Sillans, a fait un remarquable travail d’écoute et d’observation respectueuses de ces réalités traditionnelles gabonaises. Les fruits de leurs travaux ont été consignés dans un livre qui s’intitule « Rites et croyances du Gabon. » Pour encore mieux marquer ce changement positif de cap dans les relations entre l’Eglise catholique et les croyances africaines, en 1994, le Pape Jean-Paul II a publié un document visant à approfondir ce dialogue. Ce document a pour titre : « L’attention pastorale à la Religion traditionnelle africaine ». ». Ce document reflète le désir de l’Eglise d’établir un dialogue constructif avec les croyants traditionnels.
Théophile : L’Eglise n’a donc pas un conflit particulier avec les rites et croyances gabonaises ? A suivre dans le prochaine parution papier du journal le Chemin.