Défendre la Foi Sans rompre l’unité

I. Comprendre les mots pour rester paisibles dans la tempête

À la suite d’une tribune publiée le 22 février 2026 dans le Journal du Dimanche, le cardinal Robert Sarah a exprimé sa profonde inquiétude face aux risques de division au sein de l’Église, notamment à propos d’éventuelles ordinations épiscopales sans mandat pontifical annoncées par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

S’appuyant sur l’Écriture, la Tradition et l’enseignement des saints, il a rappelé avec force que la fidélité au Christ ne peut jamais conduire à rompre l’unité visible de l’Église autour du successeur de Pierre. Selon lui, même au cœur des crises et des scandales, la véritable défense de la foi consiste à demeurer dans l’obéissance et la communion, car « le Christ ne nous demandera jamais de briser l’unité de son Église ».

Dans ce contexte, beaucoup de fidèles s’interrogent. Certains sont troublés par des mots et des situations qu’ils comprennent mal. Il est donc nécessaire d’éclairer les consciences avec sérénité, sans polémique, afin que chacun puisse rester ferme dans la foi et paisible dans la charité.

II. Comprendre les mots : schisme, hérésie, pleine communion

Éclairer sans attaquer

Lorsque l’Église traverse des tensions, des mots graves circulent : schisme, hérésie, excommunication, communion. Ces termes ont un sens précis. Les comprendre aide à éviter les jugements hâtifs et les divisions inutiles.

L’hérésie : une erreur contre la foi

On parle d’hérésie lorsqu’un baptisé rejette volontairement une vérité fondamentale que l’Église reconnaît comme révélée par Dieu. Il s’agit d’un problème doctrinal : ce que l’on croit.

Par exemple, nier la divinité du Christ ou la Résurrection serait une hérésie. Mais l’Église distingue toujours entre l’erreur et la personne : elle cherche d’abord à enseigner, corriger et ramener à la vérité.

Le schisme : une rupture d’unité

Le schisme concerne l’unité visible de l’Église. Il s’agit du refus de se soumettre au pape ou de demeurer en communion avec les évêques unis à lui.

On peut donc conserver des éléments importants de la foi chrétienne tout en étant séparé de la communion ecclésiale. Le schisme blesse profondément l’Église, car Jésus a prié : « Père, qu’ils soient un. »

L’excommunication : une sanction pour guérir

L’excommunication n’est pas une exclusion définitive. C’est une peine canonique destinée à provoquer une prise de conscience et un retour à la communion. La personne excommuniée reste baptisée et aimée de Dieu, mais elle ne peut plus recevoir les sacrements tant que la situation n’est pas régularisée.

L’objectif n’est pas de punir, mais d’appeler à la conversion.

La pleine communion : une unité complète

Être en pleine communion avec l’Église signifie vivre une triple unité :

  • unité dans la foi
  • unité dans les sacrements
  • unité dans l’autorité du pape et des évêques en communion avec lui

Cette communion n’est pas seulement intérieure : elle est visible et concrète.

Une situation particulière : la Fraternité Saint-Pie X

Dans ce contexte, il faut évoquer sobrement la situation de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, fondée par Mgr Marcel Lefebvre.

L’Église reconnaît que cette fraternité conserve la foi catholique et célèbre des sacrements valides. Toutefois, sa situation canonique demeure irrégulière en raison d’actes posés sans mandat du Saint-Siège, notamment les consécrations épiscopales de 1988. Elle n’est donc pas en pleine communion juridique avec l’Église, même si des efforts de dialogue et de rapprochement ont été entrepris au fil des années.

Il est important d’aborder cette question avec prudence, sans jugement hâtif ni passion. La division ne se guérit ni par l’agressivité ni par la caricature, mais par la vérité et la charité.

L’essentiel : la question n’est pas la messe, mais l’unité

Il est essentiel de le redire clairement : la question centrale n’est pas la forme liturgique. L’Église reconnaît la richesse de diverses traditions. Ce qui est décisif, c’est l’unité autour du successeur de Pierre.

Comme l’a rappelé le cardinal Sarah, on ne peut pas défendre la foi en brisant la communion. Le Christ n’a pas fondé plusieurs Églises concurrentes, mais une seule. Même dans les tempêtes, c’est dans cette barque que le Seigneur demeure présent.

Que dire autour de nous ?
Lorsque quelqu’un affirme :

  • « L’Église est perdue »
  • « Il faut se séparer pour rester fidèle »
  • « Rome a trahi la Tradition »

nous pouvons répondre calmement :

  • Le Christ reste fidèle à son Église.
  • L’unité est un commandement de Jésus.
  • La crise ne justifie jamais la rupture.
  • La meilleure défense de la foi est la sainteté personnelle.

Dans un monde déjà marqué par tant de divisions, les chrétiens sont appelés à être des artisans d’unité. Cela demande humilité, prière et confiance.

Car l’Église peut être secouée, mais elle ne coule pas. Le Seigneur a promis d’être avec elle jusqu’à la fin des temps.

Mgr Guy Roger BOUNDENGUI
Vicaire Général — Mouila
Pour le Journal Le Chemin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *