Discours des vœux du nouvel an 2026 des confessions religieuses au Chef de l’État

Son Excellence Mgr Jean Patrick IBA-BA a au nom des confessions religieuses présenté au chef de l’Etat Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA et son épouse Mme Zita OLIGUI NGUEMA ses voeux au huitième jour de l’an de grâce 2026.

« Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement.
C’est un honneur renouvelé de vous présenter, au nom des confessions religieuses, et en mon nom propre, à vous, à votre épouse: Madame Zita OLIGUI NGUEMA, ainsi qu’à toute votre famille, nos voeux fervents de santé, de sagesse, et de succès dans la gouvernance de notre nation.
Monsieur le Président,
L’année 2025 a marqué la fin de la transition politique dans notre pays, avec le renouvellement des institutions. Ce processus bien du Pouvoir Exécutif, Législatif que Judiciaire finalisé conformément au délai de deux ans, fixé par le Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI).
Monsieur le Président,
Que ce renouveau institutionnel soit, pour notre pays, une occasion de restaurer les valeurs morales au sein de notre écosystème politique en imposant le respect des principes fondamentaux devant impulser un plus grand sens du Bien commun, de la valeur de la parole donnée, de l’intégrité, de la subsidiarité en vue d’une société plus juste et plus inclusive.
Si nous saluons les efforts significatifs que vous consentez pour que le dialogue reste permanent avec toutes les forces vives de la nation, certaines orientations prises aujourd’hui nous laissent encore perplexes quant à la véritable rupture avec l’ordre ancien.
Monsieur le Président,
La médiatisation du procès dit de la Young Team mettant en exergue des dysfonctionnements profonds dans la gestion de la chose publique a ravivé l’urgence, que l’on ne peut plus différer, de la mise en place de mécanismes de contrôle plus efficients et plus coercitifs contre les détournements de deniers publics devenus un sport national à toutes les échelles de l’appareil étatique.
Monsieur le Président,
Le peuple gabonais veut continuer à croire à la nouvelle espérance que vous vous êtes engagés à porter lors de votre prestation de serment le 3 mai 2025. Nous relevons et saluons les grands travaux entrepris pour rénover le cadre infrastructurel de notre pays à travers les 9 provinces. La poursuite et l’aboutissement de ces chantiers de développement passent nécessairement, et nous le savons, par des efforts soutenus, dans l’optimisation des charges de fonctionnement et le relèvement du niveau de recettes collectées par l’État..
Cependant, nous vous prions de tenir compte, dans l’élaboration de votre politique fiscale, de nos compatriotes les plus fragiles, qui peinent déjà à satisfaire leurs besoins les plus essentiels en raison d’un pouvoir d’achat très faible. De ce point de vue, les initiatives visant entre autres, à encourager l’entrepreneuriat à l’échelle nationale mériteraient d’être renforcées et mieux encadrées afin de booster la création de valeur et élargir ainsi l’assiette fiscale.
Monsieur le Président,
Notre pays a été longtemps traumatisé par les crimes de sang associés à tort ou à raison aux acteurs politiques en proie à l’accès à de hautes fonctions ou privilèges. Nous observons, pour le déplorer, la résurgence de ce phénomène que nous croyions enterrer avec l’ancien régime. Nous espérons que les législateurs ont reçu votre appel lancé durant le discours des voeux à la nation du 31 décembre 2025 pour que des lois fermes soient effectivement prises contre ces crimes odieux et que la justice fasse son travail en toute transparence afin que tous ces criminels y compris les commanditaires, souvent tapis dans l’ombre, répondent de leurs actes devant la loi.
Monsieur le président,
Il est de votre responsabilité de mettre fin de façon définitive à cet état de fait et instaurer une tolérance zéro vis-à-vis de ces contre valeurs.
Pour nous, le respect de la vie humaine, qui plus est celle de nos enfants qui sont l’avenir de la nation, doit être le principe ultime qui guide notre vivre ensemble, car la valeur d’une société se mesure d’abord au prix qu’elle attache à la vie d’un seul de ses ressortissants. Nous, confessions religieuses, sommes prêtes à accompagner le gouvernement dans ce combat qui nous concerne tous.
Monsieur le Président,
L’exigence de vos concitoyens est proportionnelle aux attentes qu’ils ont placées en vous, en vous élisant avec un score exceptionnel au soir du 12 avril 2025.
Les communautés religieuses, conscientes des challenges socio-économiques et institutionnels qui se dressent devant notre pays, sont disposées à soutenir vos efforts en privilégiant les valeurs de tolérance et de fraternité en lien avec les aspirations profondes de nos populations. Nous souhaitons une continuité de ce dialogue fructueux entre l’État et les confessions religieuses, car il est un pilier essentiel pour la construction de notre avenir commun.
Enfin, nous prions pour que cette année 2026 soit une année de paix, de cohésion sociale et d’édification d’un Gabon nouveau sur le plan des valeurs. C’est à ce prix qu’arrivera enfin chez nous, ce pays de félicité révé par nos ancêtres. Puissions-nous, ensemble, bâtir une nation forte, juste et unie.
Bonne et heureuse année 2026, Monsieur le Président.
Que Dieu et nos ancêtres bienheureux bénissent le Gabon et tous ses habitants. Je vous remercie! »

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