Homélie du samedi 21 février 2026

Samedi après les Cendres (Temps de Carême, Année A)
Isaïe 58, 9b-14 ; Psaume 85 ; Luc 5, 27-32

Frères et sœurs bien aimés,

Au début de ce Carême, la Parole de Dieu nous révèle le vrai visage de Dieu et le chemin de la conversion. Le prophète Isaïe nous transmet une promesse magnifique : si nous faisons disparaître l’oppression, si nous cessons les paroles méchantes, si nous donnons de nous-mêmes à celui qui a faim, alors « ta lumière se lèvera dans les ténèbres ». Le Carême n’est pas d’abord un temps de tristesse, mais un temps où Dieu veut rallumer la lumière dans nos vies.

Dieu ne se contente pas de demander des renoncements ; il promet une restauration intérieure : « Le Seigneur sera toujours ton guide… tu seras comme un jardin bien irrigué. » Quelle belle image ! Une vie enracinée en Dieu devient féconde, paisible, capable de donner la vie autour d’elle. Le Carême est donc un chemin vers la fécondité spirituelle, non vers l’assèchement.

L’Évangile nous montre concrètement comment cette lumière surgit : Jésus appelle Lévi, un collecteur d’impôts, donc un homme mal vu, considéré comme pécheur public. Et Lévi fait un geste radical : « Il se leva, laissant tout, et le suivit. » La conversion commence souvent par un simple mouvement : se lever, quitter ce qui nous enferme, répondre à l’appel du Christ.

Puis Lévi organise un grand repas avec Jésus. Scandale pour les pharisiens : pourquoi fréquenter des pécheurs ? La réponse de Jésus est au cœur de l’Évangile : « Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la conversion. »

Voilà notre espérance : Jésus ne vient pas pour ceux qui se croient parfaits, mais pour ceux qui reconnaissent leur besoin de salut. Le Carême n’est pas réservé aux saints ; il est offert aux pécheurs — c’est-à-dire à chacun de nous. Dieu ne nous attend pas parce que nous sommes déjà dignes, mais pour nous rendre dignes par sa miséricorde.

Frères et sœurs, nous pouvons parfois nous décourager devant nos faiblesses, nos rechutes, nos limites. Mais l’Évangile nous dit aujourd’hui : n’aie pas peur de venir tel que tu es. L’important n’est pas la perfection immédiate, mais l’accueil de l’appel de Jésus. Lévi n’a pas d’abord changé pour suivre Jésus ; c’est en le suivant qu’il a été transformé.

Demandons la grâce d’un cœur humble, capable de reconnaître son besoin de guérison. Acceptons d’être rejoints par le Christ là où nous sommes, afin qu’il fasse de notre vie un lieu de lumière et de fête. Et comme Lévi, n’hésitons pas à ouvrir notre maison — c’est-à-dire notre cœur — pour accueillir Jésus.

Alors ce Carême deviendra vraiment un chemin de renaissance, où, guidés par le Seigneur, nous deviendrons à notre tour source de vie pour les autres. Amen

       *Mgr G.R.B*

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