
4ᵉ semaine du Temps ordinaire (année A),
Mémoire des saints Paul Miki et ses compagnons, martyrs,
Textes : Si 47, 2-11 / Ps 17 / Marc 6, 14 – 29.
Frères et sœurs bien-aimés,
En ce jour où l’Église fait mémoire des saints Paul Miki et de ses compagnons martyrs, la Parole de Dieu nous place devant un choix radical : celui de la fidélité à Dieu ou celui de la compromission avec le mal.
La première lecture, tirée du livre de Ben Sirac, fait l’éloge du roi David. Elle rappelle sa bravoure, sa sagesse, son sens de la louange et surtout sa fidélité à Dieu. David n’a pas été un homme parfait, mais il a toujours su revenir au Seigneur, reconnaître ses fautes et remettre sa vie entre ses mains. Sa grandeur ne réside pas seulement dans ses victoires, mais dans son cœur tourné vers Dieu, capable de chanter sa louange en toute circonstance.
Le psaume 17 prolonge cette attitude intérieure : « Je t’aime, Seigneur, ma force. » C’est le cri d’un croyant qui sait que sa sécurité ne vient ni du pouvoir ni de la ruse, mais de Dieu seul. Celui qui s’appuie sur le Seigneur trouve un roc solide, même lorsque tout vacille.
L’Évangile de saint Marc nous offre, en contraste saisissant, le récit tragique de la mort de Jean le Baptiste. Hérode reconnaît en Jean un homme juste et saint, mais il manque du courage nécessaire pour l’écouter vraiment. Pris au piège de son orgueil, de son regard sur lui-même et de la pression des autres, il choisit de faire taire la vérité plutôt que de se convertir. Jean meurt non parce qu’il est coupable, mais parce qu’il est fidèle à sa mission.
Ce passage nous montre combien la vérité peut déranger. Elle met en lumière ce que nous préférerions cacher. Jean le Baptiste n’a pas cherché la mort ; il a simplement refusé de trahir la Parole de Dieu. Sa fidélité silencieuse devient un témoignage puissant.
C’est dans cette même fidélité que s’inscrivent les saints Paul Miki et ses compagnons, martyrs du Japon. Missionnaires et laïcs, religieux et prêtres, ils ont proclamé l’Évangile dans un contexte hostile. Arrêtés, humiliés, condamnés à mort, ils ont affronté le supplice avec une foi paisible. Paul Miki, du haut de la croix, proclamait encore le pardon et l’amour du Christ. Leur mort n’est pas un échec, mais une semence.
Frères et sœurs, ces textes nous interrogent profondément. Sommes-nous prêts à écouter la vérité quand elle dérange ? Avons-nous le courage de rester fidèles à l’Évangile, même lorsque cela nous coûte ? Ou préférons-nous parfois le silence confortable à la parole exigeante ?
La fidélité chrétienne n’est pas réservée aux martyrs. Elle se vit au quotidien, dans les choix simples mais cohérents, dans la justice, la vérité et l’amour. Les saints d’aujourd’hui nous rappellent que la foi vécue avec sincérité est toujours féconde.
Demandons au Seigneur, par l’intercession des saints Paul Miki et de ses compagnons, la grâce d’un cœur ferme et libre, capable de préférer la vérité à la facilité, et l’Évangile à toute autre sécurité. Amen »
*Mgr G.R.B*