Lu pour vous/Un hommage au Professeur Auguste MOUSSIROU MOUYAMA

Un homme Auguste s’en est allé*
(Vir Augustus discessit)

Au commencement, ce fut une présence simple,
une voix familière dans les couloirs du savoir,
un regard attentif posé sur les jeunes espérances,
une main ouverte, toujours prête à transmettre.

Il marchait sans bruit,
comme marchent ceux qui savent
que la vraie grandeur ne s’annonce pas,
elle se devine.

Maître patient,
il semait des paroles comme on sème la lumière,
et chaque esprit touché devenait promesse d’avenir.
Enseignant, il éveillait ;
chercheur, il interrogeait ;
homme de culture, il reliait les mondes
que l’ignorance sépare.

Peu à peu, nous comprenions
que sa parole élevait sans écraser,
qu’elle faisait grandir sans contraindre.
Car il était de ceux
qui augmentent l’homme en l’homme.

Il était élevé, non par le rang,
mais par la hauteur de l’âme.
Grand par dignité,
non par l’apparence, mais par la droiture silencieuse.

Sa présence inspirait naturellement
respect et vénération,
comme ces arbres anciens
dont l’ombre protège sans jamais s’imposer.

Il portait en lui quelque chose d’intact,
une noblesse sans orgueil,
une autorité sans dureté,
une sagesse devenue demeure.

Et maintenant qu’il s’en est allé,
nous découvrons mieux encore
la mesure de son passage :
il n’occupait pas seulement un espace,
il façonnait des consciences.

Car certains hommes vivent,
et d’autres élèvent la vie elle-même.

Il appartenait à cette rare lignée
dont la présence confère aux jours
une gravité lumineuse,
une majesté presque sacrée,
comme si le savoir devenait prière
et la culture, service de l’humanité.

Aujourd’hui le silence parle de lui.
Les livres se souviennent,
les élèves deviennent témoins,
et nos cœurs reconnaissent
qu’un homme auguste ne disparaît jamais tout à fait.

Il demeure
dans l’intelligence éveillée,
dans la parole transmise,
dans la dignité apprise à son école.

Oui, un homme Auguste s’en est allé —
mais la grandeur qu’il a semée
continue de grandir en nous,
comme une lumière que la nuit
ne peut emporter.
Mutu’Malongu te dit:
 » Vir Augustus discessit ,
sed lumen eius manet « .

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