Message de la XIIIe assemblée plénière de l’association des conférences épiscopales de la région Afrique centrale (ACERAC)

Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad
NDJAMENA, DU 25 JANVIER AU 1er FEVRIER 2026
Thème :
« Les défis de l’Église-Famille de Dieu en Afrique Centrale : 30 ans après la publication de l’Exhortation Apostolique post-synodale, Ecclesia in Africa »

À l’Église-Famille de Dieu qui est en Afrique Centrale
Aux Enfants et aux Jeunes
Aux Familles
Aux Institutions politiques, sociales, économiques, diplomatiques et traditionnelles
Aux Organisations gouvernementales et non-gouvernementales
Aux Agents de la culture, du développement et de la communication
Aux Hommes et Femmes de bonne volonté,

« Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.» (2 Corinthiens 13, 13)

Préambule
Nous, Évêques Membres de l’Association des Conférences Épiscopales de la Région de l’Afrique Centrale (ACERAC), réunis à Ndjamena au Tchad, dans le cadre de notre XIIIe Assemblée plénière Ordinaire, du 25 janvier au 1er février 2026, en communion avec le Saint Père Léon XIV, avons voulu nous associer à toute l’Église-Famille de Dieu qui est en Afrique, dans la célébration du 30ème anniversaire de la publication de l’Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Africa [EA].
En effet, la 1ère Assemblée spéciale du Synode des Évêques pour l’Afrique, tenue à Rome du 10 avril au 8 mai 1994, aura constitué un véritable kairos, un moment favorable pour toute l’Église d’Afrique, en général, et celle de notre sous-région Afrique centrale, en particulier. C’est ce que souligne le Saint Pape Jean-Paul II : « … ce continent vit aujourd’hui ce que l’on peut appeler des signes des temps, un moment propice, un jour de salut pour l’Afrique. Il semble qu’est venue une « heure de l’Afrique », une heure favorable qui invite instamment les messagers du Christ à avancer en eau profonde et à lâcher les filets pour la pêche (cf. Lc 5, 4) » [EA 6].
Le Synode s’est conclu par une phase de célébration africaine au cours de laquelle le Pape Jean Paul II a promulgué l’Exhortation post-synodale à Yaoundé au Cameroun, le 14 septembre 1995, à Johannesburg en Afrique du Sud, le 17 septembre 1995, et à Nairobi au Kenya, le 19 septembre 1995. Ainsi, cela fait 30 ans que l’Église-Famille de Dieu en Afrique a eu la grâce d’accueillir ce document, fruit du Synode.
Ce document illustre la figure d’une Église en éveil ; une Église désireuse de se reconnaître dans toute sa beauté, sa diversité, ainsi que ses douleurs et ses espérances. Voyant la vitalité de l’Église sur le continent, le Pape affirme que le moment est venu pour l’Afrique de jouer un rôle décisif dans l’avenir de l’Église universelle : « L’heure de l’Afrique est venue. L’heure est venue pour l’Afrique, un continent qui a été si durement éprouvé, de devenir un continent d’espérance » [Jean-Paul II, Discours de clôture du Synode spécial pour l’Afrique, 08 mai 1994].
Profitant de la célébration des 30 ans d’Ecclesia in Africa, Nous, Évêques de l’ACERAC, avons voulu revisiter cette Exhortation, non seulement pour en faire mémoire, mais aussi et surtout pour voir où est-ce que nous en sommes 30 ans après : comment continuer à en faire la source qui irriguera davantage nos communautés chrétiennes en proie à divers maux, ainsi que nos différents peuples de la sous-région, qui traversent des situations difficiles dans leur vie quotidienne.

Les fruits d’Ecclesia in Africa 30 ans après
Ecclesia in Africa a effectivement marqué un tournant historique de l’Église du continent. Ce document a impulsé une nouvelle dynamique dans sa mission évangélisatrice, à travers les différentes thématiques mises en exergue : l’Église-Famille de Dieu, l’Inculturation, les Agents de l’évangélisation, les Structures de l’évangélisation, l’auto-prise en charge.
Le modèle de l’Église-Famille de Dieu proposé par le Synode, s’est révélé profondément adapté aux réalités socio-culturelles de l’Afrique. Il exprime la volonté de bâtir une Église enracinée, non pas dans des schèmes importés, mais dans les valeurs vivantes africaines. La famille, particulièrement en Afrique, ne se limite pas à la famille nucléaire, elle englobe la famille élargie. Il s’agit d’une communauté fraternelle où chacun a sa place et son rôle à jouer. Une communauté qui se construit comme don de Dieu, à l’image de la famille divine dans son uni-trinité : Père, Fils, Esprit Saint. Elle s’ouvre ainsi à l’universalité de la famille de ceux et celles qui se reconnaissent comme frères et sœurs, au-delà du lien de sang, parce que fils et filles d’un seul et même Père, Dieu [Cf. Lumen Gentium, no. 1 ; EA 63].
Dans cette dynamique s’inscrit l’émergence des Communautés ecclésiales vivantes (CEV) et des Communautés ecclésiales de base (CEB) au sein des Communautés chrétiennes. Celles-ci constituent des communautés à base géographique et/ou culturelle, qui sont des lieux de prière et d’écoute de la Parole de Dieu, de la pratique des sacrements, de communion et de témoignage chrétien. Elles se présentent comme des bouées de sauvetage, face aux autres Confessions religieuses. Elles restent des sources d’une espérance qui permet d’assumer extérieurement son identité religieuse : on n’a plus peur d’être chrétien, face aux autres.
L’inculturation, dont Ecclesia in Africa souligne la nécessité et l’urgence, porte déjà des signes, notamment dans les célébrations liturgiques : la procession de l’Évangéliaire au cours de la célébration eucharistique dans la quasi-totalité des Églises d’Afrique centrale, la célébration inculturée de la Semaine sainte, l’intégration du symbolisme de l’Arbre de la paix dans la liturgie, le rite inculturé des funérailles, l’insertion en liturgie de la rythmique du balai, la position assise pour l’écoute de la Parole de Dieu dans la célébration liturgique, etc.
Signalons aussi la production des catéchismes particuliers ainsi que la traduction des textes bibliques et liturgiques.
Des statistiques récentes montrent que l’Église-Famille de Dieu en Afrique centrale connaît une croissance rapide et significative, portée par un taux de baptêmes élevé, ainsi qu’un fort engagement communautaire. La sous-région d’Afrique centrale est devenue un centre majeur d’expansion de la foi. Elle participe à la dynamique de toute l’Afrique, qui abrite la population catholique dont la croissance est la plus rapide au monde, avec une augmentation annuelle de 8 millions au moins, au point que les chiffres de 2025 font état d’une population catholique de 280 millions.
Et comme la vie et l’avenir de l’Église sont plus qu’une affaire de chiffres, il est évident que, compte tenu des mutations démographiques en cours, les catholiques africains sont appelés à assumer plus de responsabilités pour le service de l’Église universelle. Dans cette optique, il faut souligner une prise en compte progressive de la nécessité de la formation théologique des Laïcs à travers la multiplication des centres de formation des catéchistes dans la plupart des Églises particulières, et des structures de formation théologique des Laïcs, sanctionnée parfois par des diplômes universitaires.
Nous constatons également un meilleur usage des moyens de communication sociale. La majorité des Diocèses se sont dotés de structures de communication (Journaux, Radios, Chaînes de télévision analogues et digitales, etc.).
Tout cela est le signe de l’éclosion et de la maturation d’un christianisme social porté par la formation des laïcs. Même si notre continent est victime de pillage par ses propres fils et filles, en complicité avec des forces et des multinationales planétaires, l’élan de l’espérance y reste vivant.
Par ailleurs, on relève une prise de conscience de plus en plus accrue de la nécessité de l’auto-prise en charge de nos Églises, par le moyen d’une meilleure gestion des ressources humaines et des richesses patrimoniales, ainsi que la mise en œuvre d’initiatives d’autofinancement. Il est heureux d’observer que certains Diocèses de la sous-région n’ont plus besoin de recourir à l’aide extérieure pour leur fonctionnement ordinaire, et en arrivent parfois à voler au secours d’autres Diocèses plus démunis, dans le mode d’une coopération Sud-Sud.
Le dynamisme de nos Églises se traduit aussi par une croissance extraordinaire des vocations à la vie sacerdotale et à la vie consacrée. L’Afrique centrale est désormais une véritable réserve vocationnelle non seulement pour elle-même mais aussi pour les Églises de vieille chrétienté, avec un nombre de plus en plus élevé de Prêtres, Religieux et Religieuses en mission pastorale, ainsi que de Laïcs qui revitalisent la vie de nombreuses communautés ecclésiales en Occident. Ainsi, on peut dire que l’Église d’Afrique centrale, comme le souhaitaient les saints Papes Paul VI et Jean-Paul II, n’est plus une simple terre de mission, mais une Église missionnaire.

Écueils et défis
En dépit de sa vitalité et de son dynamisme, l’Église-Famille de Dieu fait encore face à bien d’écueils et de défis. La persistance des divisions ethniques, des luttes tribales et des guerres fratricides représente toujours un écueil majeur à l’incarnation du modèle ecclésiologique de l’Église-Famille de Dieu.
L’inculturation demeure un grand chantier, notamment en raison de la nécessité d’une évangélisation toujours plus en profondeur, face à un syncrétisme persistant et une mentalité magico-religieuse qui pousse à céder facilement aux séductions des Mouvements ésotériques et des Nouveaux Mouvements Religieux, qui promettent guérison, prospérité et solutions miraculeuses aux différents problèmes existentiels. En outre, il est difficile d’annoncer le Christ dans un contexte, tel que le décrivait déjà Ecclesia in Africa, « saturé de mauvaises nouvelles » [EA 40].
Si les statistiques semblent bien encourageantes en ce qui concerne la vitalité et la croissance de l’Église-Famille de Dieu en Afrique centrale, la formation des agents de l’évangélisation requiert un investissement conséquent et une qualité de plus en plus exigeante.
Par ailleurs, malgré quelques avancées, les défis inhérents à l’auto-prise en charge, et son corollaire, la bonne gestion des ressources humaines et matérielles, gardent toute leur acuité, dans l’optique d’une autonomie ecclésiale mieux assumée. Dans cette perspective, une conversion s’impose. Ce qui implique, notamment, la formation de ressources humaines qualifiées en matière de gestion et d’administration de biens, ainsi que la mise en valeur d’une gestion transparente, d’une spiritualité de l’audit et la promotion d’une culture de reddition des comptes, car l’authenticité du témoignage évangélique passe également par là.
En outre, le contexte socio-économique et politique de la première Assemblée spéciale du Synode des Évêques pour l’Afrique, était dominé par les questions de la dette, des dérives autoritaires des gouvernants, du génocide au Rwanda, de la réconciliation et de la paix. Trente ans après, la situation n’a malheureusement pas connu d’amélioration substantielle. Bien au contraire, elle semble plutôt s’être aggravée, avec un endettement toujours plus important, une militarisation manifeste du pouvoir, le recul des processus de démocratisation, la problématique écologique et une plus grande pression démographique, dont les corollaires sont, entre autres, le chômage massif des jeunes, l’augmentation de la violence surtout urbaine et la crise migratoire.
Face à une telle situation de crise multiforme, l’engagement prophétique de l’Église est plus que d’actualité. À la lumière de l’Évangile et de l’Enseignement social de l’Église, l’engagement sociopolitique de l’Église, garde plus spécialement son sens et toute sa pertinence, dans la recherche d’une voie médiane entre rébellion et soumission.

Résolutions, Appels et Exhortations
Au terme de nos travaux, Nous, Évêques de l’ACERAC, prenons les résolutions, et formulons les exhortations et propositions suivantes :
Aux Évêques
En tant que Pasteurs des Églises particulières, Nous prenons la résolution de promouvoir des initiatives visant à impulser l’engagement à une action plus efficiente, en vue d’un meilleur vécu de l’Église-Famille de Dieu dans toutes ses dimensions.
Nous nous engageons à travailler à l’élaboration d’un plan d’actions pastorales coordonnées dans la résolution des questions inhérentes à la justice sociale, à la réconciliation et la paix ; bref, à la diffusion de la Doctrine Sociale de l’Église.
Avec nos principaux collaborateurs, Nous fournirons les efforts nécessaires pour offrir aux Catéchistes de l’ACERAC, aussi bien une bonne formation initiale qu’une formation doctrinale de qualité, ainsi qu’un soutien moral, spirituel et matériel en vue du bon accomplissement de leur mission [Cf. EA 91].
Face à la problématique écologique, nous nous engageons à promouvoir la célébration de la Messe pour la création dans nos communautés chrétiennes.

Aux Églises de la sous-région
Nous exhortons nos Églises particulières de l’ACERAC à cultiver plus de communion, de synodalité et de solidarité ecclésiale, pour une expression optimale de la caritas du Christ [Cf. EA 5], comme cela doit être le cas dans une véritable famille de Dieu. La collaboration entre nos Églises locales peut se vivre à travers le partage d’expériences pastorales et des ressources humaines.
Nous invitons nos Églises d’Afrique centrale à approfondir la dynamique de l’inculturation dans tous les domaines de la vie de l’Église et de l’évangélisation (théologie, liturgie, vie et structures de l’Église) [Cf. EA 59-62], déjà engagée dans plusieurs Diocèses. Dans ce sens, Nous encourageons l’institutionnalisation des commissions sur l’inculturation au niveau local et la célébration d’une Semaine de l’inculturation, pour une foi professée, une foi célébrée, une foi priée et vécue selon la vision africaine de l’homme, du monde et de Dieu.
Que nos Églises particulières multiplient les groupes de vocation afin de mieux encadrer le cheminement vocationnel.

Aux Prêtres et aux Personnes Consacrées
Chers Prêtres et Personnes Consacrées,
Nous vous rappelons que la vocation à la sainteté demeure une exigence spirituelle et existentielle. [Cf. Pastores Dabo Vobis, no 19-24].
Nous vous invitons à toujours renouveler votre identité, en vous inspirant de la vision de l’Église-Famille de Dieu mise en avant par Ecclesia in Africa [Cf. EA 63].
Votre vie doit manifester le sens d’une Église-Famille qui transcende toute division, « en excluant tout ethnocentrisme et tout particularisme excessif, en prônant la réconciliation et une vraie communion entre les différentes ethnies […] » [EA 63]. Pour chacun et chacune d’entre vous, il s’agit de porter une attention accrue à l’autre, de développer les vertus de solidarité, d’accueil, de dialogue, de confiance mutuelle, ainsi que d’intensifier la chaleur des relations fraternelles » [EA 63].
Par ailleurs, dans le contexte actuel de notre sous-région marqué par divers maux sociaux et de nombreux défis moraux, Nous en appelons à votre engagement, en vue de réaliser une « évangélisation en profondeur » [EA 47-48], avec l’ouverture à un élan et une solidarité missionnaires, tournés non seulement vers les pays de l’Occident, mais aussi et avant tout, vécus au sein de nos Églises locales.
Enfin, votre action évangélisatrice devrait aussi contribuer, plus intensément, au développement humain intégral du peuple de Dieu [EA 68].
« Dans une Église Famille de Dieu, la vie consacrée a un rôle particulier, non seulement pour indiquer à tous l’appel à la sainteté, mais aussi pour témoigner de la vie fraternelle dans la communauté » [EA 94], sans oublier la prise en compte de l’interculturalité. Ce qui implique de ne pas se considérer comme des entités parallèles ou en marge, mais plutôt en étant pleinement parties prenantes, par une participation active et solidaire à la vie ordinaire des Églises locales.

Aux Candidats à la vie sacerdotale et à la vie consacrée
Chers Jeunes en formation dans nos séminaires et nos maisons de formation religieuse, Nous vous invitons à vous laisser guider par l’Esprit Saint et à accueillir avec joie et enthousiasme, la formation qui vous est donnée.
Nous vous exhortons à devenir des Prêtres, Religieux et Religieuses « spirituellement solides et disponibles, dévoués à la cause de l’Évangile, capables de gérer avec transparence les biens de l’Église, et de mener une vie simple en conformité avec leur milieu [EA 95].
Au Laïcat
Chers Laïcs,
Soyez responsables de la mission évangélisatrice dans la sous-région et dans le monde [Cf. EA 136]. Prenez des initiatives et trouvez des moyens toujours nouveaux, afin de rester présents et d’agir efficacement dans les principaux lieux où s’organise et se construit la vie de nos États [Cf. Christifideles Laici, no 17].
Soyez des témoins de bonté, de vérité, de justice, de paix et d’amour de Dieu dans vos activités quotidiennes.
Demeurez toujours le ferment profond de l’émergence et de la maturation de la foi auprès de nos peuples [Cf. EA 108]. Votre engagement dans la vie publique offrira un impact réel des valeurs évangéliques dans le monde.

Aux Communautés Ecclésiales Vivantes (CEV)
Nous, Évêques de l’ACERAC, exhortons les Communautés ecclésiales vivantes (CEV) et les Communautés ecclésiales de base (CEB) à devenir davantage de hauts lieux d’incarnation de l’Église-Famille de Dieu dans nos milieux de vie en Afrique centrale, à travers la prière et l’écoute de la Parole de Dieu, la pratique des sacrements, la solidarité fraternelle, le sens de la responsabilité, l’apprentissage de la vie en Église et la réflexion sur les divers problèmes humains à la lumière de l’Évangile et des sciences humaines [Cf. EA 89].

Aux Catéchistes
Chers Catéchistes, témoins de la formation chrétienne, notamment auprès des jeunes générations chrétiennes d’Afrique centrale, votre rôle est capital [Cf. Catechesi Tradendae, no 9] et votre engagement reste décisif en ce qui concerne l’implantation et l’expansion de l’Église au sein de notre continent et, surtout, dans notre sous-région.

Aux Familles
Comme le dit Ecclesia in Africa, « L’avenir du monde et de l’Église passe par la famille » [EA 80].
Nous appelons nos familles à la conversion. Vous devez devenir des lieux où le témoignage de la foi et l’expression des valeurs africaines sont vécues au quotidien et avec profondeur. Bref, de véritables « Églises domestiques » [Familiaris Consortio, no 64], qui savent résister avec fermeté aux assauts idéologiques contre l’institution famille en Afrique, par la lumière et la force de l’Évangile.
Aux Enfants et aux Jeunes
Chers Enfants, Chers Jeunes,
« Vous êtes le sel de la terre … Vous êtes la lumière du monde » [Matthieu 5, 13-16]
Vous êtes la vie, le présent et l’avenir de l’Église. Votre bien-être intégral représente un souci constant pour Nous, vos Pères dans la foi. Dans nos Messages au cours des Assemblées plénières précédentes, nous vous avons invités à vous laisser guider par l’Esprit Saint, à marcher à la suite de notre Seigneur Jésus-Christ, le Bon Pasteur, à fuir les violences et les aventures ambiguës de la vie présente, à renoncer à la paresse et à vous engager au travail.
« N’ayez pas peur » [Marc 6, 50]. Le Seigneur Jésus-Christ est avec vous « tous les jours, jusqu’à la fin du monde » [Matthieu 28, 20].
Laissez-vous attirer par des loisirs sains. Utilisez les réseaux sociaux avec discernement et responsabilité. L’Église compte sur votre disponibilité, votre spontanéité et votre créativité afin d’enrichir sa mission d’évangélisation toujours nouvelle et d’approfondir l’œuvre de la propagation de la foi.
Aux Institutions de formation et Universités Catholiques
Chers Frères et Sœurs engagés dans le monde de l’enseignement scolaire et de la formation académique,
Nous vous exhortons à opérer avec discernement et responsabilité au renouvellement des objectifs pédagogiques de l’école catholique ainsi qu’à la construction de nouveaux liens en vue de l’émergence d’une école de sagesse et de vie.
Vous êtes invités à vous déployer comme de véritables instruments d’évangélisation, de formation intégrale et de promotion sociale. Nous vous encourageons à poursuivre l’excellence scolaire et académique, tout en cultivant les valeurs chrétiennes, au service de l’Église-Famille de Dieu.
En tant que garants de la tradition ecclésiale et gardiens de la foi en Afrique centrale, Nous vous exhortons à rendre compte de l’espérance qui est en vous [1 Pierre 3, 15], en vous inspirant et vous appuyant largement sur les indications du Magistère de l’Église, à travers les 4 axes donnés par le Pape François dans la Constitution apostolique Veritatis Gaudium, à savoir : la contemplation et l’introduction spirituelle, intellectuelle et existentielle au cœur du Kérygme ; le dialogue dans tous les domaines ; l’inter- et la transdisciplinarité ; la nécessité urgente de « faire réseau » entre les diverses institutions qui, partout dans le monde, cultivent et promeuvent les études ecclésiastiques [Veritatis Gaudium, no 4].
Vous veillerez aussi à la diffusion de la Doctrine Sociale de l’Église, à travers des instruments théoriques et pratiques appropriées. De même, il est urgent et nécessaire pour vous de créer des laboratoires d’inculturation [Cf. EA 54], de réfléchir sur les idéologies néo-panafricanistes et kémitistes.
Vu l’urgence de l’auto-prise en charge, Nous vous exhortons à mettre également l’accent sur la formation des agents pastoraux à la gestion du patrimoine de l’Église.

Au sujet du Dialogue œcuménique et interreligieux
Nous, Évêques de l’ACERAC, invitons les Fidèles des autres Confessions chrétiennes et les Croyants des autres religions au dialogue.
Nous en appelons au dialogue œcuménique qui concerne tous les frères et sœurs baptisés des autres Confessions chrétiennes, pour qu’advienne « l’unité pour laquelle le Christ a prié et qu’ainsi leur service des populations du continent rende l’Évangile plus crédible aux yeux de ceux et de celles qui cherchent Dieu » [EA 65]. Nous invitons également au dialogue avec les musulmans de bonne volonté et les adhérents des Religions Traditionnelles Africaines [EA 66-67].

Aux Acteurs de l’information et de la communication
Chers Membres de la Famille médiatique de l’ACERAC, vous faites partie des agents de l’évangélisation engagés en première ligne.
Nous vous invitons à :
Opérer toujours en toute transparence et à communiquer dans un esprit d’impartialité ;
Développer une plus grande professionnalité dans le traitement et la transmission des informations.
Utiliser avec responsabilité et discernement les nouveaux moyens d’information et de communication, notamment des médias sociaux et l’Intelligence Artificielle, afin d’en faire de véritables outils d’évangélisation.
Vous efforcer à garantir la paix et la communion dans nos familles et dans notre société ;
Nous souhaitons que votre action ne contribue pas à exacerber les tensions et contradictions intra / et inter-ecclésiales et sociopolitiques, ni à exclure les opinions non dominantes.

Aux Gouvernants et acteurs politiques
À vous Hommes et Femmes qui avez la responsabilité de la gouvernance de nos pays d’Afrique centrale,
Nous apprécions largement les Accords-cadres signés entre le Saint Siège et nos États ; des Accords que nous souhaiterions voir être consolidés et appliqués.
Nous vous invitons à mettre toujours en avant le sens du bien commun ;
Travaillez constamment à éliminer la faim, à réduire la misère et la pauvreté qui menacent de larges couches sociales en Afrique centrale ;
Œuvrez à redonner de l’espoir aux jeunes ainsi qu’aux femmes, en multipliant les initiatives en faveur de l’émergence de nos nations, malgré les nombreuses préoccupations économiques qui sont les leurs ;
Agissez en faveur de la consolidation des processus de démocratisation et à l’émergence de l’État de droit dans notre sous-région ;
Que la promotion de la justice, de la réconciliation et de la paix s’inscrive en premier dans l’ordre des priorités de votre action sociopolitique et économique.

À la Communauté internationale
Chers Membres des divers Organisations et Organismes internationaux,
Nous vous appelons à agir en vue du dialogue et de la stabilité internationales.
Les Églises d’Afrique centrale se mettent à vos côtés, pour appuyer votre engagement en vue de la paix et de « meilleures relations sociopolitiques entre les nations, en assurant plus de justice et plus de dignité à celles qui, par l’accès à l’indépendance, sont entrées récemment dans la communauté internationale » [EA 114].
Nous vous encourageons à œuvrer avec efficacité, pour trouver des solutions efficientes aux problèmes récurrents sur le continent. Votre rôle reste décisif dans le maintien de la coopération internationale et le soutien à l’émergence d’une paix véritable et durable au niveau mondial.

Aux Hommes et aux Femmes de bonne volonté
L’Église-Famille de Dieu en Afrique est ouverte au dialogue avec tous ceux et toutes celles qui, suivant leur conscience, sont en recherche du sens ultime de leur vie, et collaborent à la promotion de la dignité humaine.
Conclusion
Au terme de nos travaux, il nous revient de rendre grâce à Dieu pour le don de l’Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Africa. Comme le disait le Saint Pape Jean Paul II, lors de la promulgation de cette Exhortation à Nairobi au Kenya, le 19 septembre 1995 : « Le Synode est terminé. Le Synode vient de commencer ». Autrement dit, l’heure est désormais venue de s’engager conséquemment en vue d’une évangélisation en profondeur selon les lumières d’Ecclesia in Africa.
Pour paraphraser les Pères du Synode, nous terminons en disant : « Comme Marie-Madeleine au matin de la Résurrection, comme les disciples d’Emmaüs au cœur ardent et à l’intelligence illuminée [… la XIIIe Assemblée spéciale de l’ACERAC] proclame : ‘‘Christ, notre Espérance, est ressuscité. Il nous a rejoints, il a fait route avec nous’’ » [EA 13].
Que la TRÈS SAINTE VIERGE MARIE, NOTRE DAME DE LA PAIX, intercède pour l’Église Famille de Dieu qui est en Afrique centrale, pour le Tchad et tous les États de la sous-région Afrique centrale.

                                                      Ndjamena, le 01 février 2026.

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