
LÉON, DE L’ENFANT QUI JOUAIT AU PRÊTRE AU PAPE QUI RASSEMBLE 80 000 PERSONNES AU STADE DE FRANCE.
Robert Francis Prevost, futur Léon XIV, naît le 14 septembre 1955 à Chicago.
Il grandit dans une famille catholique de classe moyenne.
Il est le troisième et dernier enfant de la famille.
Son père, ancien marin de la Seconde Guerre mondiale, était devenu enseignant puis directeur d’école. Sa mère était bibliothécaire. Tous deux étaient très engagés dans leur paroisse.
Ses frères racontent que Robert avait environ 5 ou 6 ans lorsqu’il jouait à célébrer la messe à la maison. Il prenait la planche à repasser de sa mère, la recouvrait d’un drap blanc pour en faire un autel, utilisait un petit gobelet en plastique comme calice, et distribuait à ses frères des pastilles de bonbons en guise d’hosties.
Il est également décrit par ses frères comme un garçon facile à vivre, sociable et capable de créer rapidement du lien avec les autres.
Il est aussi studieux à l’école.
Après le lycée, il fréquente l’université Villanova, en Pennsylvanie, où il étudie les mathématiques et la philosophie.
Il choisit ensuite la vie religieuse et entre à seulement 22 ans chez les Augustins. Il étudie la théologie à Chicago, puis part à Rome pour étudier le droit canonique.
Il y est ordonné prêtre en 1982.
Mais sa vie va prendre un véritable tournant quelques années plus tard lorsqu’il est envoyé au Pérou en 1985 comme missionnaire.
Il travaille dans les paroisses, enseigne, forme de futurs prêtres et accompagne des communautés souvent très pauvres et très éloignées des réalités qu’il connaissait aux États-Unis.
En 1987, il revient aux États-Unis, où il devient directeur des vocations et des missions de sa province augustinienne.
Mais l’expérience péruvienne a déjà profondément marqué sa vie. En 1988, il repart au Pérou, cette fois à Trujillo, où il passera de longues années.
Il devient formateur, enseigne le droit canonique et la théologie, exerce comme curé et assume progressivement des responsabilités importantes dans l’Église péruvienne.
Au niveau de son tempérament, ceux qui l’ont connu le décrivent souvent comme calme, réservé, prudent et organisé.
Il n’est pas un homme qui cherche à occuper toute la place.
Cependant,les témoignages venus du Pérou montrent aussi quelqu’un capable de rire, de chanter avec des jeunes, de plaisanter et surtout d’écouter.
En 2001, ses confrères l’élisent prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin. Il sera réélu en 2007.
Il voyage alors dans de nombreux pays et acquiert une véritable expérience internationale.
En 2014, le pape François le nomme évêque de Chiclayo, au Pérou. Le futur Léon XIV choisit alors une devise inspirée de saint Augustin : « In Illo uno unum », que l’on peut traduire par « Dans l’Unique, nous sommes un ». Il conservera cette phrase comme devise lorsqu’il deviendra pape, plaçant ainsi l’unité au cœur de sa mission.
En 2015, il obtient la nationalité péruvienne et porte désormais en lui deux histoires : celle des États-Unis où il est né, et celle du Pérou où il passe une grande partie de sa vie.
En 2023, le pape François le nomme préfet du Dicastère pour les évêques.
Il devient alors l’un des hommes les mieux placés pour connaître les évêques du monde entier, leurs réalités et les rouages de l’Église.
Il est créé cardinal en septembre 2023.
Puis, le 8 mai 2025, le conclave l’élit pape.
Robert Francis Prevost, qui jouait au prêtre étant enfant, devient Léon XIV.
Il est le premier pape né aux États-Unis et le premier pape augustinien. Et dès son apparition au balcon de Saint-Pierre, c’est avec émotion qu’il s’adresse en italien au monde, puis en espagnol aux fidèles du Pérou, montrant ainsi qu’une partie de son coeur leur restera toujours fidèle.
Et depuis hier, le pape est en France, et il est étonnant à observer.
En effet, hier soir, cet homme que l’on décrit comme discret et réservé a été capable de réunir 80 000 jeunes au Stade de France, et près de 2,5 millions de personnes derrière leur poste de télévision sur France 2.
On l’a vu être accueilli comme une rock star.
On l’a vu parler, sourire, prier.
On l’a vu rendre sa grandeur à la France, en nous rappelant toute une partie de notre propre histoire et de notre héritage exceptionnel.
On l’a vu heureux d’être là.
On l’a vu parler du Christ, et toucher les cœurs.
On l’a vu sincèrement ému à plusieurs reprises.
On l’a vu traverser la foule et toucher les mains de certains jeunes, de façon totalement inattendue.
On l’a vu nous rendre fiers d’être chrétien et catholique.
Après des années marquées par des scandales à répétition, des divisions et le recul de l’Église catholique en Europe, Léon XIV nous fait du bien!
Il nous montre une Église jeune et vivante, une Église capable de raconter son histoire et de nous rassembler par milliers, une Église qui peut encore donner envie de croire et d’espérer, une Église fragilisée mais toujours debout, une Église qui a l’audace de parler de paix, de spiritualité et de fraternité dans un monde perdu…
Et à nous, Français, il adresse ce message immense :
Vous avez reçu un trésor inestimable.
Soyez-en fiers et n’ayez pas peur de le transmettre aux autres afin de le faire vivre!
Depuis son arrivée en France, Léon XIV montre avec foi, intelligence, sensibilité et brio qu’il s’inscrit véritablement dans la lignée des apôtres du Christ.