
Samedi de la 25ᵉ semaine du T.O A
Messe en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie
Textes : Qo 11,9 – 12,8 ; Ps 89 ; Lc 9, 43b- 45
Frères et sœurs,
Aujourd’hui, comme chaque samedi, l’Église nous invite à tourner notre regard vers Marie. Et les lectures de ce jour, sans la nommer, nous aident à comprendre pourquoi elle est pour nous un modèle si sûr.
Qohélet nous parle de la fragilité de la vie : les jours mauvais viendront, le corps s’affaiblira, le fil d’argent se brisera, et « la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et le souffle retourne à Dieu qui l’a donné ». C’est une méditation lucide sur notre condition mortelle. Mais Marie, elle, nous montre comment traverser ce temps qui passe sans se laisser dominer par l’angoisse : en gardant le cœur tourné vers Dieu, jour après jour, dans une fidélité simple et constante.
L’Évangile nous montre Jésus au sommet de sa gloire terrestre : la foule s’émerveille devant la grandeur de Dieu qui agit en lui. Et c’est précisément à cet instant qu’il annonce à ses disciples sa Passion prochaine : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. » Luc précise que cette parole leur restait voilée, et qu’ils avaient peur d’interroger Jésus à ce sujet.
Marie, elle, n’a jamais eu cette peur d’entrer dans le mystère. Depuis l’Annonciation, elle a accueilli des paroles qui la dépassaient — « comment cela est-il possible ? » — sans jamais fuir la question, mais en la portant dans la foi. Plus tard, au Temple, quand Syméon lui annonce qu’une épée transpercera son âme, elle ne comprend pas tout, mais elle ne se dérobe pas non plus. Saint Luc nous dit qu’elle « gardait toutes ces choses, les méditant dans son cœur ». C’est exactement le contraire de la peur des disciples dans l’Évangile d’aujourd’hui : Marie garde, medite, accueille — même ce qui l’inquiète, même ce qui annonce la souffrance.
Elle sera présente jusqu’au pied de la Croix, quand se réalisera pleinement cette parole que Jésus annonce ici à ses disciples. Elle n’aura pas fui la Passion de son Fils ; elle l’aura accompagnée jusqu’au bout, unissant sa propre souffrance de mère à l’offrande du Fils.
Frères et sœurs, en ce samedi qui lui est dédié, demandons à Marie cette grâce : ne pas avoir peur des paroles de Dieu qui nous dépassent, ne pas fuir les moments où la foi nous demande d’entrer dans le mystère de la Croix. Qu’elle nous apprenne, elle qui a vu passer les jours de sa vie terrestre avec tant de foi, à garder nos propres jours — joyeux ou douloureux — tournés vers l’éternité que Dieu a mise dans notre cœur.
Que Notre-Dame, Étoile du matin, illumine notre marche vers son Fils. Amen.