
Chercher Dieu au-delà des apparences
Sagesse 13, 1-9 ; Psaume 18A ; Luc 17, 26-37.
Frères et sœurs,
La liturgie de ce jour nous invite à un double éveil : celui de l’intelligence et celui du cœur. Le livre de la Sagesse nous interpelle avec force : comment peut-on admirer la beauté de la création — le feu, le vent, les étoiles, l’eau, les astres — et ne pas remonter jusqu’à leur Créateur ? « S’ils ont pu acquérir assez de science pour scruter l’univers, comment n’en ont-ils pas trouvé plus tôt le Maître ? » (Sg 13, 9). Il ne s’agit pas de condamner la science ou l’émerveillement devant la nature, mais de rappeler que toute beauté créée est un signe, une trace, un appel vers Dieu.
Le psaume 18A prolonge cette méditation : « Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l’ouvrage de ses mains. » La création est un langage silencieux, mais universel. Elle parle à celui qui sait écouter avec les yeux du cœur. Elle ne remplace pas la Révélation, mais elle en est une porte d’entrée.
Dans l’Évangile, Jésus nous met en garde contre l’aveuglement spirituel. Il évoque les jours de Noé et de Loth : les gens mangeaient, buvaient, se mariaient, achetaient, vendaient… et soudain, le jugement est tombé. Non pas parce que ces activités étaient mauvaises en soi, mais parce qu’elles absorbaient tout, au point de faire oublier l’essentiel. Jésus nous appelle à la vigilance : « Celui qui cherchera à épargner sa vie la perdra ; et celui qui la perdra la sauvegardera. » (Lc 17, 33)
Frères et sœurs, cette Parole est un appel à ne pas nous laisser endormir par le quotidien, à ne pas nous contenter des apparences. Cherchons Dieu dans la beauté du monde, mais surtout dans la fidélité du cœur, dans l’écoute de sa Parole, dans l’amour vécu. Car le Royaume vient, non pas dans le bruit ou le spectacle, mais dans le silence d’un cœur prêt.
Mgr G.R.B