
Né au début de la seconde guerre mondiale à Malaba(Moabi)dans le département de la Douigny, Florent MBUMB BWASS est un homme grand et massif, au teint noir ciré, résistant aux vents et marées des contrariétés de la vie comme son kumbu, « Muvengui », une essence de très grande valeur poussant dans la forêt tropicale d’Afrique Centrale, dont l’une des qualités bien connue est son excellente résistance naturelle face aux attaques des champignons et des insectes xylophages, tels que les termites. Un arbre pouvant atteindre 30 à 40m de haut, son écorce lisse ne permet à personne de le grimper aisément…
Né dans une génération critique et insoumise, d’avant les soleils des indépendances, fils de catéchiste, l’Abbé Florent MBUMB BWASS est ordonné prêtre le 14 juillet 1968 à la paroisse Saint Joseph de Tchibanga dans le diocèse de Mouila. Il avait toutes les caractéristiques et les vertus naturelles de son kumbu: « Muvengui « ! Un véritable résistant !Au matin du 14 ème jour du mois de septembre 2026, en la fête de l’exaltation de la croix ou la fête de la Croix glorieuse ce ne sont ni les champignons, ni les termites de cette existence qui ont eu raison de Muvengui. Son heure était arrivée ! L’heure de passer de ce monde à l’Autre Côté du Regard. Résistant et digne jusqu’à son dernier souffle, ce n’est pas dans une structure hospitalière commune qu’il a remis l’esprit au Père, mais auprès des siens, dans l’intimité du crépuscule du lever du jour du 14 septembre de l’an de grâce 2026 . Il s’est éteint comme il a vécu : debout, résistant, fier et digne !
Non, il ne s’est pas éteint, il a cligné des yeux, le temps d’un battement de cils, pour les rouvrir aussitôt dans cet autre monde qui luit de la source même de la lumière …
Encyclopédiste, Muvengui était un théologien, un canoniste, historien, un musicologue, un éducateur, un auteur-compositeur, un passionné des médias,un linguiste, un passionné de la recherche, un patriote, un défenseur des valeurs positives de nos traditions ancestrales. Un intellectuel enraciné bien profondément dans ses us et coutumes maternels, loin de la caricature des « Peau noire, masques blancs » de Frantz Fanon (1952).
Muvengui, que cette terre noire de Moabi, dans laquelle tu étais solidement enraciné, t’accueille et que Dieu t’accorde un doux repos pour l’éternité bienheureuse auprès de tes ancêtres et des Saints Martyrs de l’Uganda, patrons et protecteurs de Moabi, la terre des tes aïeux. Ta vie a été un véritable témoignage de foi en Jésus-christ et de résilience. Une vie de martyr !
Paix sur toi , Muvengui !