
Du 05 au 12 juillet, une retraite a été, comme chaque année, organisée par la COSMAG, et ouverte à tous les religieux et religieuses du Gabon. Elle portait sur le thème :
« Comment être sel de la terre et lumière du monde dans une société en crise »
(Mt 5, 13–16)
Le prédicateur, le Père Alain MBONZIMA a, par cette retraite, conduit la vingtaine des participants d’une simple analyse de la crise multiforme du monde contemporain vers une redécouverte de la vocation prophétique de la vie consacrée : non pas sauver le monde par nos propres forces, mais laisser le Christ faire rayonner sa présence et sa lumière à travers nous.
« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… Que votre lumière brille devant les hommes »
(Mt 5, 13–16)
L’objectif était d’entrer dans la retraite non par le pessimisme mais par le regard du Christ sur le monde (Jn 3,16–17 ; Mt 9,35–38 ; Rm 8,22–23).
Car nous vivons une époque marquée par de nombreuses crises : crises spirituelle, politique, géopolitique, économiques, écologique, perte du sens, fragmentation des relations, relativisme, individualisme, violences, pauvretés nouvelles, fatigue intérieure…
Pourtant Jésus ne condamne pas le monde ; il l’aime.
Le religieux n’est pas envoyé pour fuir le monde ni pour le juger mais pour devenir signe que Dieu n’abandonne jamais son peuple, et lui présenter les souffrances de ce peuple.
Questions :
Quel regard est-ce que je porte sur notre société ?
Mon cœur est-il encore capable d’espérance ?
Ai-je laissé la lassitude remplacer la compassion ?
Dans le contexte actuel, il s’agit d’abord de retrouver son identité de consacré :
« Avant de faire, être avec Lui »(Mc 3,13–15 ; Jn 15,1–11 ; Ph 3,7–14)
Le sel n’agit que s’il garde sa saveur.
La lumière n’éclaire que si elle demeure allumée.
La première crise n’est pas extérieure ; elle est intérieure lorsque le consacré perd la conscience de son appel.
La vie religieuse n’est pas d’abord une efficacité apostolique : elle est une appartenance.
Être consacré signifie :
appartenir au Christ ;
vivre pour Lui ;
devenir signe du Royaume.
Questions :
Où en est mon premier amour ?
Quelle place réelle donne-je à la prière ?
Suis-je témoin ou seulement gestionnaire ?
- Être sel : c’est donner saveur au monde en étant mémoire de la présence de Dieu
« Vous êtes le sel de la terre »(Mt 5,13 ; Col 4,5–6 ; Lv 2,13)
Le sel agit discrètement.
Le consacré devient sel lorsqu’il :
garde vivante la foi ;
humanise les relations ;
porte l’espérance ;
rappelle la présence de Dieu.
Le monde n’a pas seulement besoin d’experts mais de personnes habitées.
Questions :
Ma communauté apporte-t-elle paix et espérance ?
Ma présence transforme-t-elle les lieux où je suis envoyé ? - Être lumière : c’est témoigner sans peur
« Que votre lumière brille »(Jn 8,12 ; Is 60,1–3 ; Ph 2,14–16)
La lumière ne crie pas ; elle éclaire.
Le témoignage chrétien aujourd’hui demande :
cohérence ; simplicité ; courage ; joie.
La société écoute moins les discours que les vies transformées.
Questions :
Ai-je peur d’être clairement témoin ?
Quels compromis obscurcissent mon témoignage ? - Témoigner de la fécondité cachée de la croix
« Le grain tombé en terre »(Jn 12,24 ; 2 Co 4,7–12 ; Lc 9,23)
La crise peut devenir lieu de grâce.
Le consacré n’est pas appelé au succès mais à la fidélité.
Souvent Dieu agit :
dans la petitesse ;
dans l’offrande ;
dans la persévérance silencieuse.
Questions :
Quelles croix ai-je encore du mal à offrir ?
Où Dieu m’appelle-t-il à une fécondité cachée ? - Construire des communautés prophétiques
« Voyez comme ils s’aiment »(Ac 2,42–47 ; Jn 17,20–23 ; Ep 4,1–6)
Le premier lieu où le monde doit voir la lumière est la communauté religieuse.
Une communauté devient prophétique lorsqu’elle vit :
la communion ;
le pardon ;
la sobriété ;
la mission.
Questions :
Notre vie fraternelle parle-t-elle de Dieu ?
Que devons-nous convertir dans notre manière de vivre ensemble ? - Envoyés comme témoins de l’espérance
« Allez dans le monde entier »(Mt 28,18–20 ; Ac 1,8 ; 1 P 3,15)
La retraite ne s’achève pas ; elle commence.
Le monde attend : des hommes et des femmes consacrés qui prient, qui espèrent, qui servent, qui rayonnent.
Être sel et lumière aujourd’hui signifie :
prier davantage ;
aimer davantage ;
simplifier sa vie ;
annoncer le Christ sans peur. Prière de conclusion
Seigneur Jésus,
toi qui nous appelles à être sel de la terre
et lumière du monde,
garde-nous de perdre la saveur de l’Évangile.
Fais de nos communautés des lieux de paix,
de vérité et d’espérance.
Que nos vies consacrées témoignent
que ton amour est plus fort que toutes les crises.
Amen.
Père Alain MBONZIMA, spiritain